En 2022, seuls 8 % des PDG des entreprises du CAC 40 étaient des femmes. La parité salariale, inscrite dans la loi française depuis 1972, reste incomplète avec un écart persistant de 15,4 % entre les rémunérations moyennes des hommes et des femmes.Dans certains secteurs, des quotas obligatoires imposent un minimum de femmes dans les conseils d’administration, mais l’application demeure inégale. Malgré des avancées législatives et une prise de conscience accrue, les freins à l’égalité professionnelle persistent dans de nombreux environnements de travail.
L’égalité professionnelle : où en est-on vraiment aujourd’hui ?
Dire que l’égalité professionnelle est acquise relèverait presque de l’absurde. L’écart de salaire entre femmes et hommes, révélé par l’INSEE, atteint toujours 15,4 %. Les textes sont là, les promesses aussi, mais la réalité s’écrit dans les marges. Le fameux principe « à travail égal, salaire égal » date de plus de cinquante ans et pourtant, la marche reste haute.
Le plafond de verre, lui, ne se fissure qu’à peine : dans les entreprises du CAC 40, seules 8 % des directions générales sont occupées par des femmes. L’université forme des promotions largement féminines, mais ces talents se heurtent à des freins qui émaillent leur parcours.
Professions intellectuelles, postes à responsabilité, secteurs tertiaires : l’index d’égalité femmes-hommes existe, mais l’écart de rémunération tient bon. Les temps partiels imposés et les interruptions de carrière, souvent contraintes, nourrissent ces écarts, sans oublier les blocages invisibles qui enferment la progression.
Afin de mieux comprendre la réalité actuelle, quelques points de repère s’imposent :
- Mixité professionnelle : si la présence des femmes augmente dans certains secteurs industriels, la percée dans les métiers techniques reste timide.
- Parité : la situation évolue dans les conseils d’administration, mais la présence féminine ralentit dans les instances exécutives.
Les chiffres ne mentent pas. Ils sont le reflet d’une société où les résistances à l’égalité professionnelle s’inscrivent encore dans le quotidien, parfois avec discrétion, parfois de façon criante.
Quels obstacles freinent encore la parité hommes-femmes au travail ?
Les freins prennent racine bien avant l’arrivée dans l’entreprise. L’orientation scolaire contrôle l’accès aux filières dès le départ : aux garçons les secteurs techniques, aux filles les professions du social ou du service. Ce tri précoce façonne durablement les choix de carrière.
Dans la vie active, l’avancée des femmes reste sous surveillance. Les mêmes compétences ne produisent pas les mêmes opportunités : une femme devra souvent justifier sa place, son ambition ou ses prétentions salariales, là où un homme sera présumé légitime. Le partage inégal du travail domestique renforce l’écart : d’après l’INSEE, les femmes assument encore le double de tâches ménagères par rapport à leurs collègues masculins. Cela freine les progressions de carrière et contraint les arbitrages professionnels.
Les congés liés à la parentalité constituent un autre point de blocage. Même si le congé paternité se développe, la majorité des arrêts professionnels pour raisons familiales concernent encore les femmes. Les familles monoparentales, souvent portées par des mères, cumulent précarité et obstacles à l’emploi stable.
Il faut aussi évoquer ce facteur, rarement visible dans les indicateurs : les violences conjugales. Elles brisent parfois toute perspective d’autonomie, entravant non seulement la stabilité au travail mais aussi les trajectoires personnelles. Sur le chemin de la parité, chaque étape révèle de nouveaux arcs-boutants. Le genre conserve un poids déterminant sur les possibles de chacun.
Trois exemples inspirants qui font avancer l’égalité des sexes en entreprise
La tech change de visage
Sur le terrain de la tech, on voit poindre des dynamiques inédites. Certaines grandes entreprises ont mené des politiques volontaristes : en l’espace de cinq ans, le nombre de femmes à la tête de projets stratégiques a doublé. La mixité professionnelle n’est plus reléguée en fin de rapport annuel, elle façonne la stratégie, du recrutement à la gestion des talents. Et petit à petit, c’est la culture de l’innovation qui s’ouvre à d’autres regards.
L’industrie bancaire, laboratoire de la mixité
Le secteur bancaire s’est clairement lancé dans la bataille. Aujourd’hui, plus de 40 % des cadres dans certains établissements sont des femmes. Résultat d’une politique active de promotions internes, d’accompagnement sur-mesure et de réseaux de mentorat. Quand l’écart de rémunération diminue et que la progression des carrières ne s’arrête plus aux grossesses, c’est tout l’organigramme qui se transforme.
Dans cet esprit, plusieurs mesures concrètes ont été mises en place :
- Des congés parentaux revus pour garantir un meilleur équilibre
- Des objectifs chiffrés, contrôlés chaque année
- Un suivi personnalisé qui valorise les progressions, quelles que soient les interruptions du parcours
Le secteur associatif, pionnier sans complexe
Certaines ONG ont montré l’exemple avant bien des entreprises. Leur gouvernance intègre une parité réelle, la transparence salariale n’est pas une affiche mais un fait, les responsabilités se partagent, les postes à décision tournent. Autrement dit : l’égalité ne se décrète pas, elle s’organise, au quotidien, et rayonne bien au-delà du cadre associatif, jusque dans les entreprises et même dans l’espace public.
L’égalité des sexes ne relève plus de la théorie ni de l’intention. Elle s’invite dans les choix politiques, irrigue les stratégies de recrutement, bouscule les marqueurs de réussite. Ceux qui avancent vite redéfinissent la norme. Les autres pourront difficilement ignorer la nouvelle ligne d’arrivée.


