Position scolaire de la France à l’échelle mondiale

En 2022, la France a reculé de plusieurs places dans le classement PISA, se situant désormais en dessous de la moyenne de l’OCDE en mathématiques. Selon l’enquête TIMSS, l’écart de performance entre les élèves les plus favorisés et les plus défavorisés y atteint un niveau rarement observé dans d’autres pays européens.

Les systèmes éducatifs comparables affichent des progrès ou une stabilité, tandis que les résultats français continuent de s’éroder depuis plus de vingt ans. Les écarts régionaux et sociaux persistent, malgré des politiques publiques successives visant à réduire les inégalités.

Où se situe la France dans les classements scolaires internationaux ?

En 2022, la France s’est retrouvée reléguée à une place inconfortable dans le classement PISA. Son score moyen en mathématiques tombe désormais sous la moyenne OCDE, dépassée par l’Estonie, le Canada ou la Corée du Sud. Ce recul, loin d’être anecdotique, traduit une baisse régulière du niveau des élèves, notamment en compréhension écrite et en sciences. Les dernières données PISA positionnent la France autour de la 23e place sur 38 pays OCDE, nettement derrière les modèles nordiques et asiatiques.

Mais le constat dépasse largement le collège. Sur le terrain universitaire, la France peine à s’imposer dans les grands palmarès mondiaux. Le fameux classement de Shanghai ne met en avant que quelques établissements, comme Sorbonne Université ou l’université Paris-Saclay, dans le top 50. Les autres classements internationaux, QS World University Ranking, CWUR, CWTS Leiden Ranking, Times Higher Education, dressent le même tableau : la France reste présente, mais rarement sur le devant de la scène.

Comparer la France à la moyenne des pays OCDE met en lumière ses difficultés actuelles. En mathématiques et compréhension écrite, l’écart se creuse. Côté sciences, les résultats stagnent, sans dynamique de rattrapage. Ces chiffres, sans détour, témoignent d’une perte d’attractivité et d’une incapacité persistante à rivaliser avec les systèmes éducatifs les plus performants.

Résultats PISA et TIMSS : forces et faiblesses du système éducatif français

Les enquêtes PISA et TIMSS dressent un portrait nuancé de l’école française. En lecture, les élèves affichent un score moyen de 474 points, légèrement en dessous de la moyenne OCDE de 476. En mathématiques, la France tombe à 474 points, dix de moins que la barre moyenne. Les sciences restent stables, sans progression notable.

L’analyse PISA France signale une difficulté persistante en compréhension écrite. Les collégiens peinent à interpréter, argumenter, relier les textes à des situations variées. Le rapport de l’OCDE pointe une progression limitée sur dix ans, freinée par la crise sanitaire et des ajustements pédagogiques insuffisants.

À l’école primaire, les études TIMSS montrent quelques motifs d’espoir : si les élèves français restent à la traîne en mathématiques, leur niveau en sciences se maintient autour de la moyenne internationale.

Voici les principaux points à retenir de ces évaluations :

  • Forces : stabilité en sciences, socle commun maintenu au primaire.
  • Faiblesses : retard en mathématiques, difficultés persistantes en compréhension écrite, rythme de progression très lent.

Le ministère de l’éducation nationale ajuste régulièrement les programmes, sans parvenir à inverser la tendance. Les écarts liés à l’origine sociale s’accentuent, révélant l’incapacité de l’école à réduire les inégalités dès l’entrée au collège.

Professeur français devant l

Inégalités scolaires : un frein persistant à la progression des élèves français

Les inégalités scolaires restent, en France, un obstacle majeur à la réussite collective. L’origine sociale continue de peser fortement, bien davantage que dans la plupart des pays OCDE. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : près de 107 points d’écart en compréhension écrite séparent les élèves favorisés des jeunes issus de milieux défavorisés selon l’enquête PISA France.

Les enfants de cadres affichent des scores proches de la moyenne pays OCDE, tandis que ceux issus de milieux ouvriers ou précaires restent nettement en retrait, parfois de plus de 80 points. Le système éducatif français, loin de corriger ces écarts, tend à les reproduire, voire les renforcer. La ségrégation sociale entre établissements, et même au sein des classes, accentue cette fracture.

Quelques chiffres illustrent cette réalité :

  • 107 points d’écart en compréhension écrite selon le statut socio-économique
  • Des écarts plus marqués qu’ailleurs dans la majorité des pays OCDE

L’observatoire des inégalités le rappelle : l’école française figure parmi les moins équitables d’Europe selon divers indicateurs. L’accès au soutien scolaire, aux outils numériques ou à un environnement propice aux apprentissages dépend encore largement du contexte familial. Les parcours éducatifs restent conditionnés par le statut social d’origine, freinant la mobilité et l’émancipation collective.

Restera-t-on spectateurs de ce décrochage, ou la France trouvera-t-elle enfin l’élan pour briser le plafond social qui verrouille tant de destins scolaires ?

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